1. PRÉSENTATION ANATOMIQUE :
- Le rachis dorsal est une courbure primaire, assez rigide avec des mobilités plus importantes en inclinaison. Il comporte un assemblage de 12 vertèbres, 12 côtes et un sternum qui se divise en trois parties. La courbure de cette portion vertébrale s’appelle la cyphose, elle est enroulée vers l’avant.
- Je décrirai l’anatomie osseuse de cette région de façon assez succincte. Elle se compose de vertèbre, de côte et d’un sternum.


SOBOTA, Atlas d’anatomie humaine, T2, Tronc; viscères et membre inférieur, 21ème édition, 4ème édition française, Editions médicales internationales, Technique et documentation - 2000
1.1 Les vertèbres :
- Les vertèbres présentent les mêmes caractéristiques que celles lombaires, soit un corps, deux pédicules et sept apophyses ou processus.
- La différence notable est que les vertèbres s’articulent avec les côtes. A l’arrière des corps vertébraux, chaque plateau se déprime de part et d’autre en deux petites fossettes recevant la tête de la côte. Les apophyses transverses présentent aussi une articulation avec la côte. Leur face antérieure présente une fossette recevant la partie interne du col de la côte.
- La côte est donc articulaire, en arrière avec le plateau de la vertèbre du dessus, le disque intervertébral, le plateau de la vertèbre du dessous et la face antérieure de l’apophyse transverse de la vertèbre du dessous.
- L’apophyse ou processus épineux est aussi plus long et plus oblique vers le bas. Au rachis dorsal, à hauteur du soutien gorge, par exemple, l’extrémité de l’apophyse épineuse que l’on sent sous la peau correspond en fait à la hauteur du plateau inférieur de la vertèbre du dessous !


SOBOTA, Atlas d’anatomie humaine, T2, Tronc; viscères et membre inférieur, 21ème édition, 4ème édition française, Editions médicales internationales, Technique et documentation - 2000
1.2 Les côtes :
- Les côtes présentent à décrire :
Une tête :
- Nous l’avons vu, elle est articulaire avec deux vertèbres et le disque.
Un col :
- C’est une petite tubérosité située juste en dehors de l’articulation costo-transversaire (entre la côte et le processus transverse)
Un angle :
- Cette portion est plus ou moins marquée, elle dépend du recouvrement des omoplates.
Une articulation chondrocostale :
- C’est l’articulation entre la côte et un petit cartilage souple reliant la côte au sternum.
Une articulation sternochondrale :
- C’est l’articulation entre le sternum et ce petit cartilage.
- Ce cartilage costal n’est pas le même à tous les étages. A partir de la 6ème côte, ce cartilage s’unit à ceux du dessous et forme un cartilage commun.
- Les 11 et 12ème côtes n’ont pas d’insertion cartilagineuse antérieure, ce sont les côtes flottantes.


SOBOTA, Atlas d’anatomie humaine, T2, Tronc; viscères et membre inférieur, 21ème édition, 4ème édition française, Editions médicales internationales, Technique et documentation - 2000
LES MOUVEMENTS :
La première côte :
- Son mouvement est une élévation pure. Elle repose directement sur le dôme pulmonaire. A chaque cycle respiratoire, elle doit pouvoir monter et descendre librement.
Les côtes hautes :
- Elles ont un mouvement en “bras de pompe”. Lorsque le patient inspire, la partie antérieure monte, à l’arrière, le col se baisse.
Les côtes basses :
- Elles ont un mouvement en anse de seau. A l’inspiration la côte s’élève latéralement.
Les deux dernières côtes :
- Puisqu’elles n’ont pas d’insertion antérieure, leurs mouvements sont plus erratiques. Elles servent d’insertion pour les muscles abdominaux (carré des lombes) et le diaphragme.
1.3 Le sternum :

SOBOTA, Atlas d’anatomie humaine, T2, Tronc; viscères et membre inférieur, 21ème édition, 4ème édition française, Editions médicales internationales, Technique et documentation - 2000
- Le sternum se compose de trois parties :
Un manubrium :
- C’est la partie supérieure. Elle est articulaire avec les clavicules et les deux premières côtes. L’articulation manubrio-sternale entre le manubrium et le corps du sternum) est assez souple et palpable assez facilement sous la peau. Essayez, c’est la petite crête que l’on sent sous les doigts lorsque palpe le sternum de haut en bas.
Le corps du sternum :
- C’est la plus grosse partie du sternum. Il donne insertion à beaucoup d’éléments extra- et intrathoraciques. C’est une structure très intéressante au niveau ostéopathique. Son équilibre tient quelque part du miracle. Il est sans cesse soumis à des contraintes opposées, mais très importantes. Les poumons avec leur pression négative attire le sternum en dedans. Le diaphragme, à chaque inspiration fait de même. S’il ne s’involue pas plus dans la cavité thoracique, ce n’est pas parce qu’il est tenu par des cartilages (à la naissance, ils n’offrent que très peu de résistance biomécanique), mais par la musculature externe comme les muscles pectoraux, ou par un muscle qui tapisse sa face interne, le muscle triangulaire du sternum.
- Certaines personnes présentent ce qu’on appelle un entonnoir sternal ou xyphoïdien. La cause remonte à la vie utérine ou a moment de la naissance. Les forces d‘expansion thoracique n’ont pas pu vaincre les résistances bronchiques. L’enfant pour prendre de l’air a recruté plus que nécessaire ses inspirateurs accessoires et son diaphragme. Les contraintes exercées sur le sternum ont été supérieures aux forces d’expansion.
L’appendice xyphoïde :
- C’est le petit reliquat osseux que l’on sent sous la peau, sous le sternum, à l’intérieur de l’angle de Charpy (angle costal inférieur). Lui aussi présente de nombreuses insertions, le diaphragme, les muscles grands droits abdominaux, …
1.4 Pour les matheux :
- Chaque côte présente 6 articulations, sauf les deux dernières qui n’en présente que 4, soit 2 X 10 X 6 + 2 X 2 X 4 = 136 articulations.
- Chaque vertèbre s’articule avec un disque soit 24 articulations, si on ne compte pas la participation lombaire.
- Le manubrium s’articule avec les clavicules et le sternum. Le sternum s’articule avec l’appendice xyphoïde : 4 articulations.
Soit un total de 136 + 24 + 4 = 164 articulations
- Notre fréquence respiratoire est de 16 cycles par minute. A chaque cycle nous mobilisons deux fois 164 articulations (inspiration et expiration).
- Dans une journée il y a 60 X 24 = 1440 minutes. Le nombre de mouvements est de 2 X 164 X 1440 = 472 320.
- Tous les jours nous faisons près de un demi million de mouvements au niveau de la cage thoracique.
- Que dire alors d’une dysfonction articulaire qui est mise en contrainte un demi million de fois par jour !